Programme des séminaires de l'AGS

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Mardi 20 septembre

La Panique Woke. Anatomie d’une offensive réactionnaire
Alex Mahoudeau (Université Paris-Est)

(17-19h – ULB Salle Henri Janne)

Résumé: Encore inconnu il y a peu en France, le terme de « woke » a récemment envahi les réseaux sociaux, les journaux, et les discours de certains politiques. Le terme est aujourd’hui utilisé péjorativement pour attaquer des formes caricaturées d'engagements politiques en faveur de l'émancipation collective. Pour ses détracteurs, la prétendue « idéologie woke » serait un nouvel avatar du « politiquement correct » ou de la « cancel culture » et infiltrerait les centres de pouvoir, des médias aux grandes entreprises, encourageant une déconstruction du monde par la bouche d’une génération radicalisée. Il s'agit au contraire de voir comment le prétendu wokisme agit comme une panique morale, servant d'arme dans une politique de conquête par la droite réactionnaire de l'hégémonie culturelle.

Biographie: Alex Mahoudeau détient un doctorat en science politique, ayant soutenu une thèse sur les engagements urbains dans les camps de réfugiés de Beyrouth au Liban. Son objet d'études principales est la dimension spatiale du politique, particulièrement à travers l'angle de la politique telle qu'elle se fait « sans en avoir l'air ». En marge de ces travaux, Mahoudeau a travaillé sur les origines et le fonctionnement de la panique sur le « wokisme ». Il est notamment l’auteur du livre « La Panique Woke. Anatomie d’une offensive réactionnaire » paru aux Editions Textuel en 2022.


Mercredi 12 octobre

Anti-feminism and the rise of the right in liberal Canada
Janet Conway (Brock University, professeure invitée MSH)

(17-19h, ULB Salle Henri Janne)

Abstract: In the contemporary global resurgence of right-wing politics, many variants of anti-feminism are becoming apparent -- in a range of social movements, political regimes, institutional initiatives, policy consequences, and on- and off-line cultural practices. Different explanatory frameworks emphasize the role of neoliberal austerity policies, religious movements countering sexual rights, reactionary responses to globalization, and mutating forms of misogyny, with variable intersections of sexism, racism and homophobia with religions and nationalisms. 

Despite its international reputation as a bastion of liberalism and pro-feminist politics, Canada has also seen a rise of right-wing groups over the last decade, targeting political parties, electoral politics and policy reforms. In 2022, a right-wing trucker convoy occupied the capital and shut down border crossings, demanding the government resign, while harassing sexual, gender and racialized minorities. Campus-based men's rights and anti-abortion groups organize under the banner of free speech and academic freedom in order to wage campaigns against gains made in university contexts around a range of social justice concerns, many of them associated/aligned with intersectional feminisms. This talk will consider these developments in Canada in relation to the transnational anti-feminist gender politics of the resurgent right.   

Biography: Janet M. Conway PhD (York 2002, Political Science) is Full Professor of Sociology at Brock University, where she held the Canada Research Chair in Social Justice (2008-2018) and was founder and Director of the Social Justice Research Institute. She held the Nancy Rowell Jackman Chair in Women’s Studies at Mount Saint Vincent University, 2019-21. Her research has centred on transnational social justice movements under conditions of globalization, notably transnational feminism, peasant and Indigenous peoples’ organizing, and their significance for social innovation, political thought, and democratic life in the face of contemporary crises. Her current research focuses on the intersectional gender politics of the rising right in Canada and worldwide. She is author of more than fifty published works, including three sole-authored books and is co-author and editor of Cross-border Solidarities: Feminist Perspectives and Activist Practices (Rowman and Littlefield 2021). Her work has been published in English, French, Spanish, Portuguese, German and Italian and is transdisciplinary, addressing the social sciences and humanities.


Mercredi 23 novembre (en partenariat avec le CIERL)

L’Eglise catholique façonne-t-elle une masculinité « toxique » ?
Josselin Tricou (Université de Lausanne, professeur invité MSH)

(17-19h, ULB Grande salle du CIERL)

Résumé : La modernité tardive est marquée par un processus de « démocratisation sexuelle » (E. Fassin): les questions de genre et de sexualité sont largement dénaturalisées et intègrent désormais le champ du débat démocratique, sur fond d’égalité des droits et de liberté individuelle. Face à ce changement de paradigme éthico-juridique, les religions instituées réagissent de manière diverse. Ces réactions vont d’une inclusion dans leur culture et leurs structures de cette nouvelle donne normative à des formes « d’ecclésionomie » (Ph. Portier), c’est-à-dire de réaffirmation de la supériorité de la norme ecclésiale ou religieuse par rapport à la loi ou aux choix individuels privés, en passant par des arrangements « pastoraux » qui favorisent la modification des pratiques sans prendre le risque de toucher aux doctrines. Si le protestantisme libéral est représentatif de la première solution, l’Église catholique romaine, quant à elle, oscille entre les deux suivantes, coincée par ce qu’on peut appeler le « verrou sacerdotal ». Il faut entendre par là trois éléments qu’elle a liés de manière indéfectible dans sa structuration et qui sont devenue sa signature : la prêtrise comprise comme mise à part des fidèles rendue patente par le sacrifice de la sexualité de l’individu masculin qui l’incarne, d’un côté. L’exclusion des femmes du pouvoir et le discours hétéroconjugal/ homophobe (c’est tout un) portés par l’institution, de l’autre. Or, ce « verrou sacerdotal » peut apparaître à bien des égards aujourd’hui comme « toxique » - pour reprendre un vocabulaire militant : « toxique » pour les fidèles (avec les abus de pouvoir et les violences sexuelles qui s’exercent sur les femmes et les enfants), « toxique » pour les prêtres eux-mêmes (quand s’installe en eux une forme de clivage interne),  et discriminatoire sinon toxique au regard d’une société qui fait désormais de l’égalité entre les sexes et les sexualités son horizon éthique.  Pourquoi l’Église catholique romaine ne parvient-elle pas à faire sauter ce verrou? Pourquoi, alors que toute les institutions – religieuses ou non - intègrent bon an mal an les normes de la « modernité sexuelle », l’Église catholique résiste-t-elle au détriment d’un certain nombre de ses membres qui en sont des victimes directes ou collatérales ? Pire, pourquoi certains secteurs catholiques à la pointe de la défense de l’institution et de sa place dans la société versent dans des formes de masculinismes explicites, érigeant en quasi-dogme ou en totem d’identité ce verrou sacerdotal ?

Biographie : Josselin Tricou est docteur en science politique et études de genre de l’université Paris 8. Sa thèse interrogeait la figure masculine du prêtre catholique au sein des sociétés occidentales. Elle en analysait le déclassement dans l’espace social et culturel des masculinités et la crise de plausibilité face aux mutations contemporaines de l’ordre des sexes et des sexualités. Il a ensuite participé aux recherches de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale pour le compte de la Commission indépendante sur les violences sexuelles dans l’Église en France. Il est actuellement maître-assistant en sociologie au sein de l’Institut des sciences sociales des religions (ISSR) de l’université de Lausanne en Suisse et membre associé du Laboratoire d’études de genre et de sexualité (CNRS).
 

Mercredi 30 novembre

A comparative Analysis of Colonialisms in Queer Perspective 
Gustavo Gomes da Costa (Federal University of Pernambuco)

(17-19h, ULB Salle Doucy)

Abstract: This paper aims to analyse how different colonialisms regulated gender and sexuality throughout different locations and temporalities. Based on post-colonial, decolonial and queer theoretical perspectives and insights of the global historical sociology, the comparative analysis will be structured by a number of specific themes. Religion will be a centrally important theme, with attention to Christianity and Islam and their interplays with indigenous belief systems in colonized contexts, but also with attention to distinctions between Protestant and Catholic contexts which seem to had important effects in differentiating the British Empire from Belgian, Spanish and Portuguese Empires, for example (effects often not directly from different theology, but rather indirectly through social institutions and practices such as in schooling).   A second theme will be race, with exploration of how different empires were influenced by different racial theories shifting over time, often interplaying with sexology.  The varying periodization and geographical scopes of the empires will be considered near the start of the chapter for implications in relation to gender and sexuality. Further themes for comparison will emerge as the chapters are submitted. We will seek to comment on the relationship between patterns discerned in wider comparative and global literatures documenting the rise of fall of various empires, and the specifics of our sexuality and gender analysis. 

Biography : Gustavo Gomes da Costa is Lecturer of sociology at the Federal University of Pernambuco (UFPE) in Brazil and scientific collaborator at the Free University of Brussels (ULB) in Belgium. He holds a PhD and a Master’s degree in Political Science from State University of Campinas (UNICAMP) in Brazil. He has experience in Political Sociology, with emphasis on social movements, NGOs and collective action, social participation, public policies, political parties, citizenship, homophobia and LGBT’s human rights in Latin America and Africa. He also works with issues of gender, sexuality, colonialism, and post-colonial and de-colonial thought. 


Mecredi 14 décembre (en partenariat avec le LAMC)

The Travail and Travels of Congo's Transnational Trader Women
Lesley Braun (University of Basel)

(17-19h, ULB Salle Henri Janne)

Abstract : The reliance on imported products has rendered many sub-Saharan African countries like the Democratic Republic of Congo (DRC) vulnerable to global disruptions which have engendered supply chain bottlenecks, rising shipping costs and inflation. As there is little to no industry in the DRC for everyday goods for the Congolese consumer base of over ninety million people, manufactured goods are imported from countries like Dubai, Turkey, and China. China dominates other countries in terms of manufactured goods, and has enabled more people, particularly women in the DRC to participate not only as global consumers, but also as entrepreneurs. Transnational trader women called “femmes commerçantes” are at the forefront of creating new social classes, as well as household structures. While transnational trader women are a new and driving force within Congo’s economy, these women are also sometimes considered morally suspicious within their own communities—a woman’s financial independence can be threatening to a man especially if she competes for the same resources. As such, the role of the “femme commerçante” represents a new context where power and morality come into play, highlighting how local conceptions of womanhood and female sexuality exist in relation to economic change. Approached through multi-sited ethnographic fieldwork carried out in Kinshasa, Guangzhou, and Istanbul between 2018 and 2021, this research examines how Congolese women navigate an economic landscape that is premised on social networks and transactional exchanges. More broadly, it seeks to explore how global economic change impacts gender dynamics in the DRC.

Biography : Lesley N Braun is recipient of the Swiss National Foundation’s Ambizione Grant (2020-2024) and is hosted at the Institute for Social Anthropology, University of Basel, Switzerland. She has taught at Humboldt University in Berlin and has held fellowships at the Forum Transregionale Studien (Berlin), as well as at the University of Chicago in the Department of Comparative Human Development. Thematically, her research investigates the gendered dimensions of transnational mobility, and how gender and sexuality impact, as well as shape women’s activities in the public sphere. Her forthcoming book Congo’s Dancers: Women and Work in Kinshasa will be published with the University of Wisconsin Press in Winter 2023.

affiche séminaire automne 2022

 

 

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Contact :  ags@ulb.be